Informations
sur le contexte
Boris Godunov
L’HISTORIQUE DE BORIS GODOUNOV: LE TEMPS DES TROUBLES
L’histoire de l’ascension au pouvoir de Boris Godounov peut être remontée à un double mariage. Le premier couple était Ivan le Terrible, le premier Tsar de Russie, un homme avec la réputation d’être cruel et impitoyable, et sa septième femme. L’autre couple était le Tsarévitch Fyodor, le fils du Tsar Ivan, et Irina Godounov. Fyodor n’était pas l’héritier du trône. A part le fait d’être un fils plus jeune, il avait l’esprit faible et était incapable de gouverner le pays. Irina, pour sa part, n’était pas une princesse ; elle venait d’une « nouvelle » famille de boyards (nobles) qui était venue au pouvoir en servant Ivan le Terrible. Ses antécédents étaient réconfortants pour Ivan le Terrible, qui avait passé la plupart de son règne s’emparant du pouvoir et de la terre de la princesse de son royaume dont il se méfiait profondément. D’ailleurs, Irina et son frère Boris, étaient des orphelins qui avaient été élevés à la cour comme pupilles du Tsar. De cette façon, ils pouvaient être considérés doublement loyaux.L’héritier à la couronne était le Tsarévitch Ivan, un jeune homme intelligent qui a donné de belles espérances étant un souverain. Mais cette espérance n’a pas duré longtemps quand un jour le Tsar Ivan a brutalement frappé son fils et la femme de son fils qui était enceinte. Le fils d’Ivan est décédé, et sa belle-fille a perdu le bébé. La tragédie a eu de graves conséquences pour la Russie, qui était restée sans héritier convenable. Fyodor était clairement mentalement inapte à gouverner le pays. Le seul autre fils d’Ivan, Dmitry, fruit du septième mariage du Tsar, était considéré illégitime par l’Eglise Orthodoxe Russe, qui reconnaissait seulement trois mariages dans le cours de la vie d’une personne.
Le Tsar Ivan est mort en 1584. Fyodor a hérité le trône et a exilé son demi-frère Dmitry, qui avait deux ans, à la ville provinciale de Uglich. Boris Godounov, l’ingénieux beau-frère du Tsar Fyodor, a agit comme régent. Godounov était un dirigeant vigoureux ; il a fait la paix avec la Lituanie, a défendu Moscou contre les Tartares, a excellé à renforcer les liens diplomatiques avec l’Europe et a même arrangé pour que l’Eglise Orthodoxe Russe ait son propre patriarche. Parmi les réformes les plus durables et influentes, il y avait la loi du servage, qui unissait d’une façon permanente les paysans russes à la terre. La loi était motivée par une variété de considérations : la demande pour un impôt de base stable et une force de travail régulière, et la nécessité de prévenir les paysans de quitter les petits propriétaires – qui ont fourni une grande partie de l’armée - pour des propriétaires plus riches. La loi était tout naturellement mal vue aux yeux des paysans. Boris a aussi souffert le ressentiment des princes et vieilles familles de boyards – incluant la famille Shuysky – qui complotaient pour le retirer du pouvoir.
En 1591, au milieu de la régence de Boris, Dmitry a été rencontré mort chez lui à Uglich. L’explication officielle était que le garçon, qui était épileptique, avait eu une crise pendant qu’il jouait avec des couteaux et s’était tué lui-même accidentellement. Sa famille politiquement ambitieuse revendiquait que Dmitry avait été assassiné. Une commission nommée par Boris et dirigée par Vassili Shuysky a conclu que la mort avait été accidentelle. A ce jour, personne n’est vraiment sûr comment Dmitry, qui avait neuf ans, a trouvé sa fin ; cependant, la légende populaire dit que le garçon avait été assassiné par Boris Godounov.
En 1598, le Tsar Fyodor meurt, sans enfant, étant le dernier de la ligne de descendants. Après une période de confusion, un Zemski Sobor (« Assemblée de la Terre ») a été convoqué pour élire un nouveau Tsar. Ils choisissent Boris Godounov.
Ainsi commençait ce qui se réfère aujourd’hui comme Le Temps des Troubles. Le règne de Boris était infesté de désastres naturels et, une longue période de trois ans de famine qui, combinée avec la nouvelle loi du servage, a mis à épreuve le pays de façon catastrophique. La populace Russe, profondément superstitieuse, sentait que c’était la faute du Tsar ; il avait perdu le mandat de diriger de Dieu et portait malheur à tout le monde. Soupçonnant que la trahison ou la magie noire pourrait être la source du malheur de son pays, le Tsar Boris a recouru aux tactiques de brutale torture et surveillance d’Ivan le Terrible en essayant de découvrir qui avait saboté son règne.
Il y a toujours eu des rumeurs que le Tsarévitch Dmitry avait été secrètement sauvé de ses assassins. Comme les conditions en Russie empiraient, ces rumeurs se sont répandues comme une traînée de poudre. Elles perturbaient profondément Boris Godounov et il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour découvrir si elles étaient certaines. Ensuite un jeune homme prétendant être le Tsarévitch Dmitry apparaît en Pologne. Il avait le support paisible de la monarchie Polonaise et de l’Eglise Catholique Romaine, qui avaient, les deux, des intentions sur le territoire Russe. Le Faux Dmitry, comme on l’appelait généralement, consolidait ces liens en se convertissant au Catholicisme et en se fiançant avec l’ambitieuse princesse Polonaise, Marina Mniszek, dont le père tenait le rôle d’amphitryon et patron de Dmitry. Les autorités de Moscou ont identifié le prétendant comme Grigori Otrepiev, le moine fugitif, mais cela n’a pas empêché qu’une armée de mercenaires et aventuriers se rallie contre le Faux Dmitry.
En 1604, le Faux Dmitry a franchi le territoire Russe avec une armée de 2'000 hommes. Il n’y a aucun doute que son aventure aurait été vouée à l’échec si il n’avait pas attiré le support de plusieurs factions mécontentes et rebelles à l’intérieur de la Russie espérant une bannière pour pouvoir s’y ranger : pour commencer, juste des Cosaques féroces se révoltant et des paysans fâchés, ensuite éventuellement des membres du propre personnel militaire du Tsar Boris. Les forces du Tsar étaient supérieures et ont vaincu, lors de plusieurs occasions, l’armée du Faux Dmitry, mais ont manqué à poursuivre leurs avantages, punissant des villes renégates au lieu d’expulser l’ennemi. Finalement, les forces du Faux Dmitry commencèrent à se diriger vers Moscou.
Mais avant que les forces du prétendant puissent atteindre la capitale, Boris Godounov est mort. Son fils de seize ans, Fyodor Borisovich, a été couronné comme Tsar Fyodor II. Mais la rébellion continuait à gagner du temps. Même le commandant de la propre campagne de Fyodor a déserté au camp du Faux Dmitry. Les partisans du Faux Dmitry ont pris le Kremlin et ont assassiné Fyodor II.
Le Faux Dmitry a dirigé comme Tsar moins d’une année. La populace comme la noblesse se sont alarmées quand elles ont découvert que leur nouveau Tsar était un Catholique avec une épouse Polonaise. Les soldats Polonais et l’entourage qui avaient accompagné le nouveau couple royal offensaient la ville avec leur conduite arrogante et leurs bruyantes célébrations. Le Faux Dmitry fut arrêté et exécuté. La légende dit qu’après que son corps a été brûlé, ses cendres ont été mises à l’intérieur d’un canon et tirées vers la Pologne. Cependant, une garnison Polonaise est restée à l’intérieur du Kremlin pendant plusieurs années car la Russie était entrée dans une guerre civile.
A travers d’une série d’intelligentes manœuvres, Shuysky a réussi à ce que le conseil des boyards le nomme le nouveau Tsar, doublant lui-même Basile IV. Mais, dès le début, son règne fut impopulaire et inefficace. Des émeutes paysannes, des Cosaques qui se comportaient comme des fous, des armées rivales parvenues, et des bandes de brigands ont ravagé la Russie puisque des provinces et des princes se révoltaient contre la couronne. De nouveaux candidats au trône ont émergé : en premier, un dirigeant Cosaque qui prétendait être le fils (inexistant) du Tsar Fyodor I, ensuite un Second Faux Dmitry qui prétendait avoir échappé à l’exécution. Le Second Faux Dmitry, qui ne se ressemblait à aucun des « Dmitrys », a même épousé la toujours plus ambitieuse Marina Mniszek et a obtenu l’approbation de la mère authentique de Dmitry. Le Second Faux Dmitry a rassemblé une armée et capturé une grande partie du territoire, mais ne fut pas capable de conquérir Moscou. A la place, il a monté un gouvernement sombre en dehors des limites de la ville, se faisant passer comme Tsar sur les territoires qu’il contrôlait.
La Pologne et la Suède ont pris parti dans la guerre civile et ont envoyé leurs troupes dans le territoire Russe. Le Second Faux Dmitry confiait chaque fois plus dans l’aide Polonaise, devenant un poids pour les forces Polonaises. Le Roi Polonais Sigismund III a avancé d’abord son fils et après lui-même pour le trône du Tsar, en envoyant des forces de choc à travers la Russie. Le chaos et la guerre augmentaient dans le pays divisé jusqu’en 1612, quand l’armée nationale, sous le commandement du boucher Kuzma Minin et du Général Prince Pozharsky, unifiait le pays pour combattre la menace Polonaise. Ils sont sortis victorieux, et en 1613, le Zemski Sobor a élu le jeune Michel Romanov comme le nouveau Tsar. La dynastie qu’il a établie allait se maintenir jusqu’à 1917.
top of page